La fin du calvaire pour Firmin Yangambi ?

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Le nouveau président de RDC, Félix Tshisekedi, a annoncé, ce 13 mars, la grâce de centaines de prisonniers politiques, dont Firmin Yangambi, directeur de la Fondation Paix sur Terre, un des membres de la première heure du RAFAL, basé à Kisangani. 

Arrêté en septembre 2009 et emprisonné à la prison de Makala à Kinshasa, Me Yangambi, qui est aussi avocat à la Cour pénale internationale, a été condamné l’année suivante à la peine de mort pour organisation d’un mouvement insurrectionnel et détention illicite d’armes de guerre. En appel, en 2011, seule la seconde prévention a été retenue pour réduire sa peine à vingt ans de prison. Pourtant, les armes soi-disant trouvées dans son véhicule étaient défectueuses et n’ont jamais fait l’objet d’un procès-verbal. Adepte passionné de la non-violence, Firmin Yangambi a toujours nié les accusations à son encontre et assuré qu’il faisait l’objet d’une machination politique. Deux co-accusés, Benjamin Olangi et Eric Kikunda, ont été condamnés à dix ans de prison. 

Alors que sa libération était réclamée par l’opposition, Me Yangambi a été exclu de l’amnistie de février 2017, exécutée suite à l’Accord de la St-Sylvestre conclu deux mois plus tôt. On ignore les raisons de l’acharnement du pouvoir politico-judiciaire à son encontre, mais sa tentative de présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2006 n’y serait pas étrangère.

Nous nous réjouissons de la libération, annoncée comme imminente, de Firmin Yangambi et lui souhaitons un bon retour parmi les siens. Nous espérons qu’il ne gardera pas trop de séquelles après près de dix ans de détention et que la Fondation Paix sur Terre reprendra prochainement sa place parmi les membres actifs du RAFAL.

 

© photo : Radio Okapi, J. Bompenge