Bujumbura : Le MI-RPD décapité

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Après avoir été victime de trois tentatives d’assassinat, Jean-Claude Sinzinkayo, directeur du Mécanisme pour l'initiative de la recherche de la paix et du développement (MI-RPD), membre du RAFAL basé à Bujumbura, a dû se résoudre à fuir le Burundi et à se réfugier dans un pays voisin.

Selon Jean-Claude, les agressions dont il a été victime proviennent de membres des services de renseignement et de jeunes Imbonerakure, membres d’une milice proche du président Nkurunziza. Elles seraient dues aux prises de position du MI-RPD, notamment son analyse de la situation sécuritaire dans le pays, dans laquelle il s’oppose au troisième mandat que sollicite le président Nkurunziza, et sa dénonciation des violences perpétrées par la police contre les manifestants, publiée il y a quelques jours sur ce site. Serait également en cause la dénonciation par le MI-RPD d’une attaque contre les ministres des Affaires étrangères de la Communauté d’Afrique de l’Est en visite à Bujumbura au début du mois de mai.

Dans ces conditions, nous ne pouvons que nous interroger sur la validité d'élections qui seraient organisées dans un tel climat de chasse à l'homme. Il ne suffira certes pas de les retarder de quelques jours pour en faire un scrutin libre et transparent, respectueux de la Constitution et de la volonté populaire.